Et si Lady Gaga était responsable du climat haineux ambiant …

Nicolas Sarkozy « voyou de la République » ? Mais quelle idée stupide ! Marianne, ce torche cul ! Et il n’a rien fait de mal ce brave garçon … Faire plonger les déficits de la France, c’est de la faute à la crise. Nommer les responsables de l’audiovisuel français, c’est juste la fin d’un système hypocrite. Garder un ministre condamné par la justice… oh c’est bon ! Quand il n’y a qu’un ministre condamné ça va, c’est quand il y en a plusieurs que ça pose des problèmes ! [Attention Éric Woerth…]

Depuis la Une de Marianne, toute la droite s’indigne. Pour le plaisir des yeux, voici un petit florilège des déclarations :

  • Gérard Larcher sur Europe 1 : « L’anti sarkozysme primaire n’autorise pas l’insulte« . Mais voyons, avec cette Une, on a au moins passé la seconde dans l’anti sarkozysme 😀
  • Lionnel Luca : «Il est paradoxal de dénoncer les dérives vichystes en utilisant les méthodes de la presse d’extrême droite d’avant-guerre.». Paf, dans les dents !
  • Nadine Morano : la Une est « insultante » et « démagogique ». Stoooop, Nadine Morano qui parle de démagogie ? On peut lui accorder, c’est une experte dans le domaine.
  • Et encore beaucoup d’autres mais si on veut que l’article est une fin il faut bien s’arrêter à un moment !

 

Vous avez sûrement dû le remarquer, si Sarkozy 1er et sa cour manie un art à la perfection, c’est celui de passer d’une réaction indignée à une autre. Après « Pauvre Eric Woerth, on s’acharne sur lui pour empêcher la réforme fabuleuse, nécessaire, logique, indispensable (etc, etc) des retraites« , après « Enlever la nationalité aux Roms ? C’est une décision courageuse ! Nicolas Sarkozy dit tout haut (sic) ce que le peuple pensent » ; nous avons eu le droit aux critiques de l’UMP contre … l’ONU ! On s’assoit un instant. Au moment du vote s’opposant à la guerre en Irak, c’était le temple de la démocratie  que les américains ont bafoué et maintenant, c’est un regroupement de dictateurs donneurs de leçons ?

 

 

Rappel des faits. Les experts du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) de l’ONU s’inquiètent de la situation en France : augmentation des actes racistes, propos insoutenables lors du débat sur l’identité nationale, stigmatisation des Roms. Plutôt que de se dire que, peut être, cette fois ils sont allés trop loin, la fine équipe de la majorité présidentielle décide de critique l’Organisation des Nations Unis. Plus c’est gros, plus ça passe ! Du côté du porte parole de l’UMP, Dodo Paillé, on estime que les experts ne sont que « gens qui viennent de pays » ne respectant pas les droits de l’Homme et à « cent lieues des réalités », alors que Pierre Lellouche, secrétaire d’État aux Affaires européennes, affirme fièrement que les politiques menées par la France visent à garantir le droit à la sécurité, « premier des droits de l’Homme ».

 

Finalement, la vraie responsable de cette situation, c’est Roger Karoutchi qui l’a trouvé : Lady Gaga. Ce n’est pas le gouvernement français qui pousse à la haine et au racisme mais bien l’interprète de Poker Face, Telephone et Just Dance. L’ancien ministre affirme qu’il aurait « souhaité entendre des commentaires sur le clip de la chanteuse où l’on voit sur fond rouge et noir des gens en tenue nazie, des incendies, de la violence physique ». C’est ce qu’on appelle l’art de la diversion !

 

 

Pour conclure ce florilège de bonnes paroles, laissons le mot de la fin au meilleur de tous, Christian Estrosi : « Français ou voyous, il faut choisir« . Ça, c’est dit !

 

Romain Santiago, animateur Internet du Réseau Jeunes

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Comments
14 Responses to “Et si Lady Gaga était responsable du climat haineux ambiant …”
  1. Un Oeil dit :

    Ne pensez-vous pas que l’ONU a des pays un peu plus gravement « racistes et discriminatoires » que la France à réprimander ? De quels « actes » racistes sommes-nous coupables récemment ? Soyons sérieux.

  2. L’article n’a pas pour but de valoriser l’institution ONU qui est loin d’être parfaite, nous sommes d’accord. Soyons sérieux et n’ayons pas de double lecture. Ici, l’objectif était de pointer du doigt le discours de circonstance de la majorité présidentielle et surtout son manque de remise en question flagrant…
    Si vous le souhaitez, un prochain article « Remember » sera mis en ligne pour rappeler toutes les dérives verbales observées lors du « débat » sur l’identité nationale. Même si, à vrai dire, on aimerait bien l’oublier !

  3. Un Oeil dit :

    Ne pas vouloir de « dérives verbales », c’est ne pas vouloir de débat.

  4. Vraiment ? On ne peut pas avoir de débat sans mots haineux ou xénophobes ? Curieuse conception du débat …

    • Un Oeil dit :

      Toute la question est de savoir où l’on met le curseur de la « dérive ». En l’occurence, si l’on parle d’identité nationale, il faut bien accepter de définir une différence entre ce qui est la Nation et ce qui ne l’est pas. Ce qui est étranger à la Nation et ce qui ne l’est pas. Là commence la « xénophobie », au sens étymologique du terme. Ca n’a rien à voir avec la haine. On peut penser que l’immigration pose problème, vouloir moins d’immigrés, sans pour autant rêver de jeter les immigrés dans la Seine. Comprenez-vous ? Quand on lance un débat sur l’identité nationale, la « xénophobie » en fait forcément partie, il faut s’attendre à débattre avec. Sinon il vaut mieux faire un débat sur les couloirs de bus ou les places de crèche.

  5. La nature même du débat sur l’identité nationale était contestable. Quand on voit ce qui est en ressorti, pendant le débat et en « mesures » qui ont suivi, il y a de quoi se poser des questions sur les intentions de ceux qui l’ont initié … Par ailleurs, je ne suis pas sûr qu’un débat sur les couloirs de bus serait si consensuel que ça 😀

  6. Un Oeil dit :

    Si je vous suit bien, mieux vaut ne pas demander aux Français de réfléchir sur leur identité ?

  7. En tout cas, je considère que ce n’est pas parce que le gouvernement dit « réfléchissons à l’identité nationale » que les Français suivent. Chaque personne a son identité propre et réfléchit chaque jour à celle-ci. Selon moi, il n’y a pas UNE identité française mais DES identités françaises… Après, discuter sur les symboles de la République, pourquoi pas, mais je ne crois pas que ce soit une préoccupation majeure et qu’il y est vraiment de points de désaccords.

  8. Rudy (PG 54) dit :

    Bonjour,

    L’identité nationale est un mythe. Il n’existe que des sentiments d’appartenance identitaire singuliers. Chaque individu résidant en France est inscrit dans différents réseaux pratiques de solidarité ( école, travail, syndicat, parti, association, quartier). Ces réseaux sont autant de supports différents qui participent à la manière dont l’individu se perçoit et se définit. Ces supports ne sont pas mobilisés en même temps et de la même manière. Vous aurez tendance à vous définir comme appartenant à un réseau de solidarité appelé « La France » quand vous êtes à l’étranger. Mais quand vous êtes en lutte face à votre employeur, vous préfèrerez vous définir par votre position dans les modes de production. L’identité nationale est une manière dangereuse de parler de sentiment d’appartenance à un réseau de solidarité défini par un cadre national. En effet, le patron se sentira appartenir à ce réseau de solidarité de manière différente que l’ouvrier. L’expression « identité nationale » homogénéise ces sentiments d’appartenance et gomme les rapports de classe.
    Notre travail en tant que militant-e-s politiques est de renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté des travailleur-e-s afin de créer la République sociale universelle!

  9. Rudy (PG 54) dit :

    Cf: A lire

    Gérard Noiriel, A quoi sert l' »Identité Nationale »?

  10. Un Oeil dit :

    Il y a en effet autant « d’identités » que d’individus… Mais si l’on part du constat que ces identités ne doivent pas être contrariées ou conformées à une identité collective définie, je vois mal comment on peut faire de la politique. Il me semble que c’est un peu de ça que je parle ici : http://unoeil.wordpress.com/2010/03/16/la-peur-de-l-etiquette/

  11. Rudy (PG 54) dit :

    Je n’ai pas dit qu’il y a autant d’identités que d’individus. J’ai dit qu’il y a autant de sentiments d’appartenance identitaires que d’individu. L’individu est pluriel. Il n’y a pas d’identités collectives. Il n’y a que des supports collectifs mobilisés différemment par chaque individu. Le rôle du politique est de faire support, c’est à dire lier les individus par des mécanismes de solidarité, plutôt que de séparer. Le débat sur l »identité nationale sépare. L’action syndicale lie. Les services publics lient. La participation à la production lie.

    Nous devons donc dénoncer le débat sur l »identité nationale comme un débat sur un mythe visant la séparation.
    Le rôle du militant de gauche est la construction de mythe visant l’universel ( sans toutefois nier les rapports de force, les rapports de domination…).
    Mais tu as raison le rôle de la politique est de contrarier ce faux sentiment d’appartenance à l’identité nationale pour renforcer le sentiment d’appartenance à une classe!

  12. Un Oeil dit :

    Vous faites bien de parler de « sentiment d’appartenance », et non « d’appartenance ». L’appartenance sociale n’a rien de plus réel que l’appartenance nationale. L’appartenance syndicale peut aussi bien être quelque chose qui rassemble que quelque chose qui sépare, selon d’où on la regarde. La séparation des hommes et des femmes par classe sociale vous émeut visiblement moins que la séparation par nation, mais c’est un point de vue, il peut tout à fait se retourner.
    Il est aisé de démontrer que l’appartenance à une « classe » est aussi illusoire que l’appartenance nationale. Demandez à l’ouvrier français s’il est solidaire de l’indien qui lui a piqué son boulot. Et comment juguler les délocalisations ? C’est bien à un échelon national. Comment protéger les ouvriers français ? Ou préféreriez-vous favoriser non pas les ouvriers français mais ceux du monde entier ? Comment allez-vous vous y prendre ? Par une gouvernance mondialisée ? Une dictature du prolétariat à l’échelle globale ?
    Que vous le vouliez ou non, à l’échelle macro-économique, nous naviguons bien sur un bateau qui s’appelle « France », et la solidarité qui compte, pour ne pas sombrer, est bien celle de l’équipage, du capitaine au matelot, plus que la collusion entre les galériens des différents bateaux.
    Enfin, je suis navré que vous ne trouviez l’occasion de vous définir « Français » que lorsque vous êtes à l’étranger. Mais après tout ce n’est guère étonnant puisqu’à la racine de votre réflexion, vous prenez comme hypothèse qu’il n’existe de lien social que productif. D’office, vous éliminez de l’identité des gens ce qui est culturel. Vous les déshabillez de leur appartenance régionale, nationale, historique, religieuse, pour ne conserver que la classe sociale. Ainsi nus, nous ne sommes plus que des « travailleurs », des putes travailleuses vendant leur force de travail sur le marché mondial. Des consommateurs aussi. La voilà, votre République sociale universelle. Attali la décrit très bien et l’appelle de ses voeux.
    L’identité nationale, c’est cela : une façon de se voir comme un peu plus qu’un travailleur consommateur.

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