En défendant Jean-Luc Mélenchon, je me défends !

Chaque début de semaine, un article coup de cœur trouvé sur le net. Cette semaine, Le Gavroche vous présente un article de Sacha Tognolli, animateur du Réseau Jeunes et membre du bureau national qui vient de lancer son blog. Très bientôt suivront le blog d’autres jeunes engagés politiques. Le titre de cet article parle pour lui : En défendant Jean-Luc Mélenchon, je me défends !

Ca fait quelques mois que j’envisage d’ouvrir un blog. J’hésitais, je tergiversais. Ouvrir un blog, ça signifie une tâche politique en plus, des heures en moins pour se reposer. Mais c’est aussi un moyen extraordinaire pour diffuser son raisonnement politique et contourner le mur médiatique. Hier encore, je n’avais pas prévu de faire ma première note, mais l’actualité m’y a obligé. Si vous lisez ces lignes, ça veut dire que j’ai réussi à créer un blog et à mettre cette note en ligne (et tous mes proches savent que ce n’était pas une mince affaire pour moi) !

Bref, si je me sens obligé d’écrire aujourd’hui, c’est pour me défendre. Je vous vois déjà « mais quand-as-tu été attaqué ? ». C’était hier, par un futur commentateur de foot sur Canal +, c’est dire ! Vous avez maintenant compris que je parle de Daniel Cohn-Bendit. « Ah bon, il t’a attaqué toi Sacha Tognolli ? ». Parfaitement ! Et tous les autres militants du PG, nos sympathisants, et les centaines de milliers de citoyens qui se tournent vers nous en ce moment ! Dans cette note, je défends mon camarade Jean-Luc Mélenchon, non par admiration, ni même par amitié et encore moins par culte du chef comme certains trolls aiment à dire. Tout simplement parce que les propos de DCB ne visent pas (simplement) une personne, mais bien un projet politique : celui de rendre le pouvoir à notre souverain, le peuple ! Quand j’ai pris connaissance des propos de celui qui est contre la retraite à 60 ans, ça m’a fait l’effet de la Madeleine de Proust. Je suis revenu cinq ans en arrière. En 2005, pendant la campagne contre le Traité Constitutionnel Européen. Nous y reviendrons dans quelques lignes.

Qu’a donc dit notre futur Thierry Roland ?  Eh bien, cet individu nous a craché au visage en disant sur RTL : « Je le dis franchement, Jean-Luc Mélenchon, quand on voit son livre, ce qu’il dit sur l’Allemagne, quand il parle de la grande France, ce qu’il dit sur les Boches, c’est insoutenable, intolérable » L’eurodéputé d’Europe Ecologie va jusqu’à estimer que le Président du parti de Gauche tient un discours qui « va même labourer sur les terres du Front National ».

Je reprends, en réponse, un communiqué du parti de Gauche. « Daniel Cohn Bendit ment : c’est lui comme hier son frère Gaby dans le journal libération, qui utilise le terme de « boche », ce qui est absolument inadmissible, et non Jean-Luc Mélenchon dans son livre. En effet, ce dernier, après avoir souligné le fait que l’Allemagne défend aujourd’hui ses intérêts nationaux davantage que dans l’après-guerre, ce que nul commentateur un peu sérieux ne peut contester, ajoute « construire des relations avec les Allemands, c’est un devoir permanent de notre pays. Et chacun doit s’y atteler à la place qu’il occupe ». C’est ce qu’a d’ailleurs fait le Parti de Gauche dès sa création en revendiquant le parrainage de Die Linke dans une vision internationaliste de ma coopération entre les peuples. »

Voilà qui suffit à réduire à néant les accusations répugnantes des frères Cohn-Bendit.

Ce n’est pas le premier à s’attaquer à nous de la sorte. Mais je crois qu’il détient la palme du caractère nauséabond. Déjà Jean-Paul Huchon, Président socialiste du Conseil Régional d’Ile-de-France, avait déclaré à propos de Jean-Luc Mélenchon : « Son langage est proche de celui de l’extrême droite, mais c’est plus grave que Le Pen ! Il incarne le populisme d’extrême gauche ». Vous l’avez entendu, demain, si le deuxième tour des présidentielles se jouait entre Mélenchon et Le Pen, ce baron socialiste choisirait Le Pen. Vous voilà prévenus !

 

Chemin faisant, ces deux sinistres personnages, par leurs attaques, banalisent le discours du Front National. Mais leur objectif politique, c’est de disqualifier un homme qui incarne (avec d’autres) un projet politique : la Révolution Citoyenne.

 

Le but est donc de disqualifier, de nous disqualifier. On aura décidément droit à tout : le vote utile, le soi-disant retour du PS sur un programme clairement ancré à gauche (quelle blague !), l’écologie ni de droite ni de gauche (mais tellement en phase avec le capitalisme productiviste), et maintenant le parallélisme avec Le Pen et le fascisme. C’est en quelque sorte le point Godwin, comme l’explique notre camarade Corinne Morel Darleux sur son blog. Et puis, il y a tous ceux qui s’indignent du soi-disant « populisme » de Jean-Luc Mélenchon.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que derrière l’accusation de populisme dans la bouche de nos oligarques, on organise un véritable procès contre le peuple. En fait, derrière l’accusation de populisme, il y a la haire du peuple. Notre camarade philosophe Benoît Schneckenburger l’exprime mieux que moi : « l’accusation de populisme masque l’idée que l’appel à une forme plus directe ou plus impliquée du peuple reste fondamentalement illégitime, car le peuple serait comme par nature incapable de se gouverner lui-même ». Donc quand on s’attaque au « populisme » de Jean-Luc Mélenchon, on s’attaque au concept de Révolution Citoyenne comme les peuples d’Amérique du Sud nous l’ont enseigné.

Vous remarquerez que ceux qui attaquent Jean-Luc de la sorte, sont les mêmes qui ont défendu le « Oui » à la Constitution Européenne, et déjà avec les mêmes méthodes. Déjà à l’époque, les partisans du « Non » de gauche (majoritaire !) étaient repeints en « xénophobes », en « nationalistes », en « démagogues » et pour finir en « populistes » (déjà !). J’espère ne pas avoir à faire ici la démonstration de l’inanité de tels propos pour décrire notre campagne en 2005, porteuse d’un message universel, celui de l’intérêt général.

C’est pourquoi les attaques de Cohn-Bendit m’ont immédiatement replongé dans l’atmosphère de la campagne référendaire. Vous vous rappelez ? Quand le peuple avait rejeté massivement le texte proposé qu’on nous a reglissé en douce avec le Traité de Lisbonne, copie conforme du premier texte (dixit l’auteur lui-même du TCE, Valérie Giscard d’Estaing). Vous ne vous rappelez vraiment pas ? Parce que le peuple avait mal répondu à la question qu’on lui avait posé (et pourtant tous les moyens avaient été mis en œuvre pour obtenir la « bonne réponse », vous vous rappelez du matraquage médiatique de l’époque), on lui a imposé par la force, sans repasser par le peuple. Rien d’étonnant là dedans de la part de Sarkozy. Mais ce dernier n’aurait pas pu faire cela s’il n’avait pas eu l’appui du PS, dont pourtant la candidate en 2007 avait déclaré passer par référendum pour toute nouvelle consultation sur l’UE. Si les parlementaires PS avaient voté « Non » au congrès de Versailles qui a adoubé la trahison du mandat donné par le peuple, Sarkozy aurait été obligé d’organiser un référendum. Vous saisissez un peu la manière dont ces belles personnes envisagent la démocratie ? C’est pourquoi on pourrait rire, si le sujet n’était pas grave, quand Manuel Valls déclare à propos de Mélenchon : « son langage et son comportement sont dangereux pour la démocratie ». Diantre ! Redonner la parole au peuple, c’est dangereux pour la démocratie. Si c’est Valls qui le dit, ça doit être vrai non ?

Le pire dans toutes ces déclarations, c’est que pratiquement personne n’ait pris la défense de Mélenchon, ni au PS, ni à Europe-Ecologie. Alors même que nous avons demandé une explication à Martine Aubry et à Cécile Duflot. Aucune réponse de la part d’Aubry, trop contente d’essayer de nous mettre la tête sous l’eau pour des intérêts boutiquiers. Et Duflot ? Cette dernière aura comme réponse sur Twitter alors qu’un internaute l’interrogeait « Peux pas dire en 140 caractères ». Désolant… Pour être plus précis, le seul finalement à avoir un peu d’honneur dans cette histoire, c’est Jean-Vincent Placé, secrétaire national adjoint des Verts : « Je pense que Jean-Luc devrait être attentif à être moins populiste dans ses propos » mais « c’est un homme de gauche, c’est un homme sérieux. Il n’est ni raciste ni antisémite, ni à la lisière de l’extrême droite », a déclaré sur LCI Jean-Vincent Placé à propos du leader du Parti de gauche.

« Je pense plutôt, d’ailleurs, qu’il est dans une orientation stratégique qui ressemble à celle des leaders populistes de gauche en Amérique du Sud, type (Hugo) Chavez, type (Evo) Morales », a-t-il ajouté citant les présidents vénézuélien et bolivien.

« Je pense d’ailleurs que Dany devrait éviter de trop diviser à gauche aujourd’hui », a-t-il enchaîné. « Il y a des choses qui nous différencient du Parti de gauche, c’est évident » mais, « pour ma part, je préfère de très loin Jean-Luc Mélenchon à Martin Hirsch ».

Bon, au passage, il n’a pu s’empêcher de faire une petite pique contre le « populisme » de Mélenchon… Mais comme on dit, c’est déjà ça.

J’aimerais dire quelques mots à propos de nos camarades du Front de Gauche, en particulier à nos amis communistes. Il se dit dans la presse que vous ne supportez pas le « populisme assumé » de Mélenchon. Vous préféreriez qu’il se qualifie de « populaire ». Croyez bien que ce n’est pas nous qui nous décrivons comme populistes. Je vous entends dire : « Mais Mélenchon l’a dit « Populiste, Moi ? J’assume ! » ». Camarades, nous sommes dans une lutte politique, pas une course tranquille où on peut délivrer notre message facilement sur les médias. Face à l’accusation de populiste, Jean-Luc avait deux solutions. La première c’était de baisser la tête, d’intérioriser, de refuser le qualificatif, et par là même de perdre une bataille. Car faire cela ne les aurait pas empêché de continuer à jouer leur petite musique sur le soi-disant populisme de notre dirigeant, mais en même temps, cela aurait rendu inaudible tout message politique porté par Jean-Luc. La deuxième solution, et c’est ce qu’il a fait, c’était de les prendre au mot, de tenir la tranchée, d’assumer, et par là même de les amener à définir ce qu’ils appelaient par populisme, et donc de montrer leur haine du peuple. Alors quand quelqu’un pense nous disqualifier en nous attaquant de la sorte, reprenons la définition donnée par le Larousse : « populisme : attitude politique consistant à se réclamer du peuple, de ses aspirations profondes, de sa défense contre les divers torts qui lui sont faits ». Si c’est cela être populiste, alors je veux bien assumer.

Je le redis, nous sommes dans une lutte politique. Nous ne gagnerons pas si nous nous arrêtons dès le premier coup contre nous. S’engager en politique, en particulier dans notre camp, c’est se préparer à prendre tous les jours des coups, et de les rendre. « Coup pour coup » dirait Jean-Luc ! Alors, chers amis communistes, je sais comment sont les médias, j’imagine qu’ils vous ont assailli longuement pour obtenir de vous cette critique à l’encontre de Mélenchon. Mais aujourd’hui que certains, comme Cohn-Bendit et Huchon, nous crachent dessus, prenez également votre part de la lutte en nous défendant. Car en défendant un des animateurs du Front de Gauche, c’est le Front de Gauche lui-même que vous défendrez, et donc le peuple tout entier.

 

« Qu’ils s’en aillent tous », cette bande de salauds !

 

Bref, je vais en finir avec cette première note. Vous avez maintenant compris que les attaques portées contre Jean-Luc Mélenchon s’adressent à nous tous, nous qui pensons qu’en toute circonstance, notre souverain, c’est le peuple. C’est pourquoi il est nécessaire de s’élever contre cette pratique et ce raisonnement. Nous représentons le peuple, face à cette oligarchie qui gangrène tous les secteurs de la société (y compris les commentateurs de foot chez Canal +). On peut être en désaccord avec la manière et le contenu de ce que dit Jean-Luc Mélenchon. On peut s’opposer au projet qui est porté par le PG et le Front de Gauche. Mais pour cela, il y a une seule méthode qui vaille, l’argumentation raisonnée. Apparemment certains n’en sont pas capables.

Finalement, mon dernier mot fait référence à Sartre quand il décrivait le salaud comme « celui qui, pour justifier son existence, feint d’ignorer la liberté et la contingence qui le caractérisent en tant qu’homme ». Alors, « Qu’ils s’en aillent tous », cette bande de salauds !

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